Face à la violence chez les jeunes

18/04/2024

Face à la violence des jeunes, dont l'actualité nous a heurtés plusieurs fois ces derniers jours, je me sens triste mais pas impuissante. 

Beaucoup accusent les écrans et leur banalisation de la violence, leur processus de déréalisation. Certains accusent les parents de laxisme et prônent toujours plus de contrôle et de réponses punitives, ce qui me fait bondir 😬😌. Quand vous sentez que la moutarde vous monte au nez, est-ce que vous retrouvez le calme grâce à une menace extérieure? Non bien sûr, la menace augmente la colère, l'impulsivité et les comportements incontrôlés.
Ce déchaînement de violence me fait penser à la grille de lecture des comportements des enfants qu'on utilise en Discipline Positive. Alfred Adler, le psychiatre dont les travaux sont à l'origine de la DP, insistait sur le besoin d'appartenance de tous les humains, et disait qu'un enfant qui se comporte mal est un enfant découragé parce qu'il ne se sent pas appartenir à sa communauté. Il expliquait que face à ce ressenti, il y avait plusieurs types de comportements possibles, dont celui-là: faire mal aux autres. Ce qui correspond à l'objectif inconscient de prendre sa revanche en mettant tout à égalité. "Je te fais souffrir autant que je souffre". 🫤
C'est à ça que me fait penser cette violence gratuite, en tout cas disproportionnée : le résultat d'un processus d'exclusion.
Je n'excuse pas ces comportements odieux. Je suis même révoltée. Mais nous ne règlerons RIEN en multipliant les caméras de surveillance et les punitions.
Les neurosciences ont fait la preuve que le cerveau des enfants est plastique, donc tout peut changer au cours de l'enfance et de l'adolescence.... à condition d'éduquer les jeunes à la régulation émotionnelle, la responsabilité, l'empathie et la réparation.
😌
Il est crucial de leur apprendre à tolérer la frustration, à comprendre que les autres peuvent penser différemment, à accepter leurs propres émotions sans les traduire en actions automatiques. Tout cela s'appelle l'empathie et la régulation émotionnelle.
Quand l'Éducation Nationale va-t-elle enfin s'occuper de ça sérieusement au lieu d'entasser 30 élèves par classe et de dire aux profs de se débrouiller?
Pour ce qui est des parents, ils font la plupart du temps de leur mieux, et je crois que le plus important tient en 2 points:
- montrer l'exemple de la capacité à calmer leurs émotions
- distinguer l'enfant et son comportement. Nos enfants sont des personnes formidables qui ont parfois des comportements inacceptables.
Je ne dis pas que c'est facile, je dis que nous ne pouvons pas laisser les jeunes avoir recours à la violence et nous ne pouvons pas non plus opter pour une réponse sécuritaire et punitive. Vivre en société est un apprentissage.